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Le train sifflera trois fois (06/01/2009)

(par Annabelle)

Toutes les photos "Pyin U Lwin" sur Flickr


Aujourd'hui, nous prenons pour la première et normalement la dernière fois le train au Myanmar. Le gouvernement étant propriétaire de la société de transport ferroviaire nationale, nous nous étions promis de favoriser tous les autres moyens de transport. Cependant, le trajet en train entre Hsipaw et Pyin U Lwin nous a été chaudement recommandé par de nombreux voyageurs rencontrés dans la Guest House de Mr. Charles. Nous effectuons donc notre première entorse.

Le train quitte Hsipaw a 9h30 mais nous nous rendons à la gare vers 8h. C'est une bonne marge de sécurité vous me direz mais il faut, avant de juger, préciser trois ou quatres choses.
1. Vous ne pouvez jamais être certain avant le matin même qu'il y aura bien un train.
2. L'achat des tickets n'est possible que le jour même du depart a partir de 8h30.
3. Le train n'est compose que de 5 ou 6 wagons dont un seul est consacre à la "first class".
4. L' "ordinary class" c'est pire que le bus local rempli de marchandises dans lequel on vous case histoire de rentabiliser un peu plus le trajet.





Le train arrive, nous nous installons confortablement sur le petit coussin qui recouvre la banquette en bois. Par chance, personne n'est à côté de nous. Nous n'avions jamais eu autant d'espace pour un trajet au Myanmar. Le train démarre...

Je profite de ce message pour faire le point sur quelques observations sur les moyens de transport au Myanmar. Que vous soyez en train ou en bus, les portes restent toujours ouvertes durant le trajet. En bus, il faut avoir l'estomac bien accroché; ce qui ne semble pas être le cas des locaux qui ne manquent pas d'utiliser les petits sachets en plastique fournis tout au long du trajet. En train; il faut avoir le cœur bien accroché non pas en raison de la vitesse de celui-ci qui ne dépasse pas les 50km/h en descente mais pour une autre raison que vous allez comprendre.

Le trajet est très agréable (malgré un taguage digne d'une mer agitée), nous regardons défiler le paysage et observons le va et vient des voyageurs et des vendeuses ambulantes (le snack bar local) lors des quelques arrêts qui ponctuent le voyage.







Puis le train ralentit... Nous approchons du viaduc de Gokteik. Ce viaduc date de 1903 et était a cette date le deuxième pont ferroviaire le plus haut du monde. Il n'a bénéficie d'aucun entretien depuis sa construction et ce jusqu'a l'expiration de la police d'assurance britannique, il y a quelques années. Aujourd'hui, ce pont le plus ancien et le plus long du Myanmar, accuse son age et même après sa récente réfection, les trains doivent ralentir au moment de le franchir. Nous passons la tête par la fenêtre et observons le vide "sous nos pieds". Nous entendons les craquements de la structure de métal. Je ferme les yeux et j'attends que cela passe. Nous arrivons de l'autre côté bien entendu sans encombre mais quand on n'a pas l'habitude, difficile de garder son sang froid.






Le voyage continue à son rythme paisible. Nous arrivons a Pyin U Lwin vers 16h. Nous partons immédiatement a la recherche d'un logement pour la nuit. Nous tentons un hôtel qui nous a également ete recommandés par d'autres voyageurs. Il est vraisemblablement hors du budget que nous nous sommes fixé mais c'est sans compter sur la dure négociation de Pascal qui nous obtient la chambre à 20$ pour la modeste somme de 12$.

Nous continuons sur notre lignée en suivant les conseils de ceux qui nous ont précédés et nous nous rendons en mobylette dans un restaurant indien quelque peu éloigné du centre. Nous ne regretterons définitivement pas d'avoir suivi tous ces conseils judicieux. Nous terminons la journée par un petit tour par l'internet café.

Après un petit-déjeuner un peu inhabituel sur le toit de l'hôtel, constitue de pancakes frits et d'un curry de pomme de terre, nous partons en calèche, Gerrit, Pascal et moi pour la visite du jardin national Kandawgyi. L'époque coloniale se ressent toujours a Pyin U Lwin. Le long du trajet en calèche, nous observons de splendides anciennes demeures identiques à celles des campagnes anglaises. Nous arrivons au jardin. Il est très beau et ressemble également de prés aux jardins anglais que nous connaissons. Le lieu est paisible. La ballade est vraiment relaxante. Nous flânons sans but précis.






En sortant du jardin nous marchons vers le centre et sommes rapidement alpagués par trois motobikers qui se proposent de nous véhiculer. Difficile de se déplacer à pieds dans ce pays quand vous êtes un étranger!

Nous quittons Gerrit momentanément car de son côté, il veut absolument tester le restaurant indien ou nous nous sommes rendus sans lui la veille au soir et de notre côté, nous voulons tester la pâtisserie ou il a déjeuné sans nous ce matin. Nous nous installons Pascal et moi sur la terrasse de la pâtisserie le temps de déguster un vrai espresso, un vrai cappuccino, un vrai muffin et une véritable crème caramel. Pour une fois, c'est vraiment comme chez nous.

Nous profitons du peu de temps qu'il nous reste avant de prendre un pick-up pour Mandalay pour parcourir les allées du marché, le plus grand que l'on aie vu jusqu'à présent. Les étals de fruits, de légumes, de poissons séchés, de riz, d'épices et de fleurs sont splendides. Nous nous plaisons a déambuler le temps de quelques emplettes et de quelques photos. Les gens sont souriants. Les quelques mots de birman que nous balbutions les font rire aux éclats.






Nous retrouvons Gerrit et dénichons un pickup qui nous ramène à Mandalay. Je passe le trajet avec une petite fille de 3 ans sur les genoux. Une petite birmane d'origine népalaise. Cela amuse les passagers avec lesquels nous communiquons tant bien que mal. Where do you come from? How old are you? ... La maman de la petite fille qui a juste 30 ans comme moi est particulièrement liante. Elle nous apprend notre premier mot en népalais "Pani" qui signifie eau. Nous répétons. Ils rient. Je reçois une bourrade de sa part. C'est qu'elle à de la poigne cette jeune népalaise. Ce voyage de deux heures nous semble finalement très court. Nous arrivons a Mandalay, triste d'avoir quitter les montagnes et l'air pur de Hsipaw (500m) et Pyin U Lwin (1050m) mais nous nous consolons en pensant à notre prochaine destination, Bagan. Départ en bateau prévu a 5h30 demain...

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Flâner sans but, l'oeil grand ouvert... Beau programme!
Annabelle, tu nous fais vibrer avec vous sur ce pont - heureusement que ta grand-mère ne lit pas ça ;-)

Anonyme a dit…

Belles photos, très beau texte.
N'oublie pas, Annabelle, de consulter ton adresse annabelleb.pascalc@gmail.com pour les factures à payer.

Bisous de maman & papa

Jean Paul a dit…

Bonne année et bonne continuation pour votre voyage.

JP.