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Le livre de la jungle... cambodgienne (14/03/2009)

(par Pascal)

Toutes les photos "Ratanakiri" sur Flickr

Notre première semaine au Cambodge fût plutôt épique... Jugez plutôt!

Nous quittons notre paisible retraite de Don Det (Laos) pour nous rendre à la frontière du Cambodge. Nous achetons un billet combiné. Bateau pour quitter l'île, mini bus pour la frontière puis bus VIP pour Steung Treng au Cambodge. Arrivés à la frontière et après un "taxe de fonctionnement" de 2$ de chaque côté en plus du visa, nous constatons non seulement que notre VIP bus est loin d'en être un mais qu'en plus il est plein. Du coup, on nous jette dans une voiture qui sort de nulle part et dans laquelle ils veulent charger 8 personnes, 4 derrière, 4 devant. Ce a quoi nous nous opposons. Une fois à Steung Treng, nous devrons prendre un bus pour la province du Ratanakiri, à l'est du pays. Cette incurtion à l'est n'était pas prévue mais nous décidons d'aller y faire un trek. Le bus est prévu à 14h, puis à 15h, ensuite à 16h, voire peut-être à 16h30. Finalement, il arrivera à 17h. Nous voilà donc dans le bus qui roule à tombeau ouvert en direction de Ban Lung... Nous nous apprêtons à affronter la terre rouge du Ratanakiri qui dit-on, colore la peau et même la chevelure...

Sur le chemin, nous constatons qu'un orage violent éclate au loin, pile dans la direction que nous suivons. Des éclairs comme je n'en ai jamais vu déchirent le ciel. La pluie se met vite à tomber et notre bus ralenti fortement son allure. C'est sous une pluie battante que nous rejoingnons notre hôtel.

Pour ajouter à tout ça, Annabelle ne se sent pas bien. Elle se met vite au lit mais se réveille avec 39 de fièvre et de gros soucis gastriques le lendemain. Je joue donc à l'infirmière et me résous à oublier le trek. Entre 2 profondes siestes de ma belle, je profite pour accompagner d'autres voyageurs au Boeng Yeak Lom, un lac de cratère aux eaux bleutées. Mais c'est dimanche et les locaux sont venus en masse pickniquer. Du coup c'est moins paisible et c'est surtout très sale après leur passage...

Le lendemain, contre toute attente, la fièvre d'Annabelle est tombée et nous décidons de nous joindre aux autres et de partir en trek, 4 jours dans la jungle cambodgienne.

Notre guide, Rick, un holllandais expatrié nous emmènera accompagné de 2 de ses guides, Mr T et Boonie ainsi que d'un ranger (obligatoire). Il s'agit d'un parcours qui est encore en test. Nous partons à la recherche d'une cascade sans garantie de la trouver...

Nous traversons d'abord des étendues peu boisées, résultat d'une déforestation intense qui se fait au profit des plantations d'arbres à noix de cajoux. Il fait extrêmement chaud, ce qui rend la marche plus difficile.








Ensuite, la végétation se fait plus dense, nous pénétrons dans la jungle... il nous faut parfois ramper sous les bambous qui poussent dans tous les sens. Sur le chemin vers notre campement, nous avons l'occasion de nous baigner dans une jolie rivière, c'est tout habillés que nous nous jetons à l'eau.















C'est à la belle étoile que nous passerons cette première nuit (de même que les suivantes) dans des hamacs VIP, cad équipés de moustiquaires. Nous nous endormons et nous nous reveillons aux sons des animaux de la forêt. J'aurais même l'agreable surprise de trouver un petit scorpion dans mon sac en rangeant mes affaires au petit matin...







Le deuxième jour, nous continuons notre progression vers le nord, à la recherche de la cascade que nous ne trouvons finalement pas. Nous chercherons encore demain. Nous établissons notre campement au bord d'une gorge où s'écoule un filet de rivière. Nous passons une très agréable soirée à la lumière de la pleine lune. Et là, tout bascule... Christina, en rejoignant son hamac, dégringole sur un rocher et se foule la cheville. A partir de là, le trek se transforme en opération de sauvetage. Plus question pour elle de marcher. Nous sommes à 2 jours de toute civilisation... La décision est alors prise de construire un radeau en bambou afin de tenter de la ramener à bon port. Nous suivrons par la terre en longeant la rivière.







Ainsi se passe le troisième jour. Quelques uns d'entre nous rejoignent la rivière pour commencer la fabrication du radeau. Moi je reste à l'arrière pour porter Christina sur mon dos... lourde tâche!








La princesse s'en ira ensuite sur son radeau accompagné de Rick et Mr T. Nous continuons avec Boonie et le ranger. Le radeau nous rejoindra in extremis avant la tombée du jour et c'est tous réunis que nous passerons cette dernière soirée de trek.












La construcrion du radeau nous ayant fortement retardée, c'est 15km à travers la jungle que nous devons effectuer pour le dernier jour et tout ça avant 14h. Heure à laquelle notre pickup sera à Ta Veng pour nous récupérer. Ce sera une matinée difficile et un peu moins marrante vu l'impératif d'horaire qui nous est imposé. Nous prenons au plus court en nous taillant un chemin à la machette dans une végétation hostile. Finalement, nous arriverons à temps et retrouverons le reste du groupe qui par chance a pu trouver une barque à moteur pour palier à la lenteur de leur radeau.

Photo1 (de gauche a droite): Boonie, Rick, Mr T

Photo2 (de gauche a droite, haut vers bas): Rick, Jason, Benoit, Christina, Mr T, Boonie, Steve, Mariane, Annabelle et Pascal









Pour notre dernière soirée dans la région, Mr T nous invite tous à manger chez lui. Sa maison n'est constituée que d'une seule pièce de quelques mètres carrés où il vit avec sa femme et sa fille. Demain il ne sera pas guide mais ouvrier dans une plantation de noix de cajoux. Mr T a de nombreux jobs. Il lui faut être débrouillard et courageux pour gagner les 30$ de loyer et de quoi manger. Et tout ça dans une bonne humeur qui nous inspire le respect.

Si la terre rouge du Ratanakiri ne m'a coloré ni la peau ni les cheveux, elle colorera mes souvenirs encore longtemps...








Le lendemain (13/03), direction Kratie mais c'est un épisode sur lequel je ne m'étendrai pas. Une altercation (limite musclée) face à une guesthouse et son personnel insultant fera que nous quitterons la ville dès le lendemain pour Kompong Cham, petite ville paisible en bordure du Mekong... à suivre

Kompong Cham, retour sur les bancs d'école... (21/03/2009)

(par Annabelle)

Toutes les photos "Kompong Cham" sur Flickr

A notre arrivée à Kompong Cham, la ville nous donne immediatement une impression positive. Elle nous semble plus belle et plus propre que Kratie. Elle est paisible malgré l'effervescence toute relative qui règne aux alentours du marché. Nous nous installons dans une guesthouse avec vue sur le Mékong et sur le pont construit par les Japonais. Nous passons le premier après-midi à flâner sur le marché et dans les rues de la ville.







Ce matin nous louons des vélos pour nous rendre sur Koh Paen, île rurale du Mékong reliée à Kompong Cham par un pont de bambou reconstruit chaque année à la saison sèche. Dès notre arrivée sur l'île, nous sommes séduits. Nous sillonons un chemin de terre bordé de jolies maisons sur pilotis entourées de jardins. Nous sommes hélés de toute part par des enfants. "Hello!", "What's your name?", "How are you?".














Lorsque nous nous arrêtons un instant pour observer un groupe de travailleurs, nous nous faisons embrigader en moins de temps qu'il faut pour le dire. Pendant une heure nous les aidons à piquer des feuilles de tabac sur des baguettes de bois en vue de leur sèchage. En contre partie, ils nous offrent du thé et des anneaux de riz soufflé recouverts de caramel. Nous sommes loin d'atteindre leur rythme, même celui de la plus jeune des travailleuse qui doit avoir maximum sept ans et travaille en souriant un dimanche, jour où bon nombre de petits belges ne pensent qu'à jouer. En partant, ils offrent de nous payer 500 riels pour deux, ce qui équivaut à 0,05 euro chacun pour une heure de travail. Nous nous empressons de refuser et n'osons demander
si c'est là le salaire normal de l'un de ces travailleurs.







Nous continuons notre chemin en imaginant atteindre rapidement l'autre rive de l'île mais le chemin n'en finit pas. Nous traversons des champs, des villages, des champs, des villages...







Nous finissons par retrouver le Mékong. En profitons pour faire une pause avant de reprendre le chemin inverse vers Kompong Cham.







Ce matin, nous avons rdv. avec Mr. Kim, guide et moto dop, pour nous rendre dans une école des environs. Certains membres de nos familles et amis ont répondu généreusement à la récolte de dons que nous avions lancée suite à la selection du projet Long An par Fortis (voir page spéciale sur le projet Long An). Disposant déjà de 1500€ pour l'école de Long An, nous décidons finalement de garder l'argent qui nous a été confié par nos familles et amis pour en faire bénéficier d'autres écoles. Nous supposons qu'ils ne nous en voudront pas de prendre cette liberté étant donné qu'il s'agit toujours d'apporter un soutient financier aux écoliers. C'est donc
chargés de 300 bics, crayons et tailles crayons achetés sur le marché que nous nous rendons dans cette école.

Accompagnés du directeur, nous faisons le tour des classes pour la distribution. Nous commençons par une classe de tout petits (6 ans). Nous distribuons à chacun un bic, un crayon et un taille crayon. Leurs yeux pétillent. Ils ont la même tête que les petits de chez nous à la Saint-Nicolas. Lorsque nous passons chez les plus grands, les yeux ne pétillent plus autant mais nous n'en recevons pas moins de chaleureux "awkoun" (merci).













La distribution terminée, le directeur nous invite à visiter la bibliothèque de l'école mise sur pied avec l'aide de SIPAR, une organisation française. Quelle n'est pas notre surprise lorsque nous nous retrouvons face à plusieurs rayons de livres pour enfants en français. Sur chaque page, est collée une étiquette sur laquelle le texte est traduit en khmer. Le directeur nous explique que ces traductions coûtent et nous invite à faire une donation à la bibliothèque. Le budget étant loin d'être épuisé par cette première distribution, nous acceptons et faisons don de 20$. Nous faisons nos adieux et retournons sur Kompong Cham.







Le lendemain, nous avons pris la route de Siem Reap et des temples d'Angkor (ou nous nous trouvons depuis quelques jours).